L’EXTENSION DES LIMITES DU SOI. ÉTUDE DE CAS D’UN MÉDITANT DE PLEINE CONSCIENCE À LONG TERME

synthèse et traduction de l’article

Titre anglais : How does it feel to lack a sense of boundaries? A case study of a long-term mindfulness meditator

Article paru en Septembre 2015 dans Consciousness and Cognition 37:133-147 ( Accès à l’article intégral : https://www.researchgate.net/publication/281743550_How_does_it_feel_to_lack_a_sense_of_boundaries_A_case_study_of_a_long-term_mindfulness_meditator)

Auteurs : Yochai AtariaTel-Hai Academic CollegeYair Dor-ZidermanUniversity of Haifa

Aviva Berkovich-OhanaUniversity of Haifa

Résumé

Cet article étudie ce qu’est le sens des frontières du soi, pour un individu ayant une expérience en méditation (Boundaries Sens : SB). Il se base sur le cas de S, qui a pratiqué la pleine conscience dans les traditions Theravada et Vipassana depuis 40 ans et accumulé 20 000 h de méditation. Les capacités uniques de S lui permettent de décrire son expérience vécue intérieure avec une grande précision et clarté. L’étude s’appuie sur des entretiens phénoménologiques menés pendant que S parcourt différents états. Un autre article présente le résultat de l’activité cérébrale de S pendant l’expérience. Je regroupe ici les principaux résultats de ces deux articles tout en les traduisant de l’anglais vers le français. – Sabine Rabourdin.

1.Études antérieures et choix du participant

Une étude récente a examiné le sens des limites (SB) parmi un groupe unique de vingt-sept méditants à long terme (> 10 000 h) de la tradition bouddhiste theravada (Ataria, 2014a). Sur la base des récits phénoménologiques fournis par les participants à cette étude, le sens des frontières du soi n’apparaît pas équivalent aux limites du corps physique (corps en tant qu’objet) et il devrait être défini en termes de flexibilité, plutôt qu’en termes de localisation.

S faisait partie de ce groupe de méditants. En plus de son implication dans les entretiens phénoménologiques, au cours des 10 dernières années, S a collaboré avec des neuroscientifiques en études cognitives et en neuro-imagerie : sur les tâches cognitives, les études EEG, les études MEG ainsi que des études IRMf et IRM. Ses précédents collaborateurs ont établi que l’activité neuronale de base de S à l’état de repos était significativement différente de celle des participants témoins et que S était capable, volontairement de produire des états de conscience subtils sous conditions expérimentales, montrant des altérations des activités neuronales comparé à ses pairs.

S avait déjà participé à deux études MEG, qui sont particulièrement pertinentes ici puisqu’elles ont été menées dans des conditions neurophénoménologiques. Dans ces deux études MEG, S faisait partie d’un petit groupe de participants dont l’activité cérébrale a mis en évidence des altérations volontaires plus fortes dans le sens de soi (Dor-Ziderman, Berkovich-Ohana, Glicksohn, & Goldstein, 2013) et dans le sens du temps et de l’espace ( Berkovich-Ohana et al., 2013).

Les descriptions de S de fortes altérations de l’expérience, dans les cadres étudiés, étaient couplées à des désactivations plus fortes de l’activité cérébrale par rapport à la moyenne du groupe. Ces résultats démontrent l’habileté de S à produire à la demande et dans des conditions expérimentales clairement différenciées ​​des états conscients de différents modes de conscience de soi.

Cette étude cherche à savoir ce que l’on ressent, phénoménologiquement, d’exister sans sens des frontières (SB) et de définir l’expérience lorsque le SB est complètement flexible. Aborder cette question nécessite l’étude d’un individu capable de rester stable dans un état conscient, de déplacer sa volonté entre différents stades et de décrire cette expérience en temps réel et en détail. Cependant malgré l’expérience de S, il est difficile de produire, maintenir et décrire en détail simultanément ce genre d’expériences, et cela présente un challenge méthodologique.

S a été choisi pour la présente étude pour deux raisons : son habileté éprouvée à produire – à la demande – des états de conscience uniques et à fournir des informations détaillées et articuler des descriptions de ses expériences en temps réel. Il a su accomplir ces exploits dans des conditions expérimentales, qui introduisent un ensemble de contraintes de temps, de position du corps, de mouvement (puisque le sujet est connecté à des machines) et d’intimité (être constamment observé par un certain nombre de personnes). Ces contraintes sont difficiles, même pour des praticiens expérimentés.

2.Contexte

Cet article fait partie d’une neuro-étude phénoménologique qui cherche à générer un dialogue fructueux entre les données à la première et à la troisième personne (Varela, 1996 ). Ainsi, des enregistrements de magnétoencéphalogramme (MEG) de l’activité cérébrale de S ont été réalisés au cours des expériences étudiées.

Lorsqu’il n’est pas engagé dans une tâche externe qui demande de l’attention, le cerveau s’engage spontanément dans une activité d’état de repos. Cet état de repos spontané a été lié à l’activation d’un ensemble de régions corticales, appelée « Réseau en mode par défaut » (DMN) (Raichle et al., 2001). Le DMN comprend le cortex préfrontal médial, le lobe temporal médial, les cortex latéraux postérieurs, le cortex cingulaire antérieur et postérieur et le précuneus. Ces régions sont actives lorsque les individus sont engagés dans un traitement interne, y compris un processus autobiographique, mémoriser le passé et planifier l’avenir, et au repos lorsque l’attention se tourne vers des stimuli externes (Buckner, Andrews-Hanna et Schacter, 2008). L’idée que divers types de formation à la méditation, y compris Vipassana altèrent l’activité du DMN a été soutenue par plusieurs études récentes d’IRMf (Brewer et al., 2011 ; Farb et al., 2007 ; Pagnoni, 2012). Alors que le DMN est couramment étudié au moyen de l’IRMf, dans deux études précédentes, nous avons pu montrer que le DMN est également reflété dans l’activité oscillatoire de l’EEG et présente une activité réduite avec la pratique Vipassana.

3. Procédure

Sur la base des sessions pilotes, nous avons pu confirmer que ces trois étapes étaient réplicables, différenciées et stables. De plus, S a démontré une capacité significative à décrire son expérience au cours de ces trois étapes.

Les entretiens ont été menés selon l’approche phénoménologique (Depraz et al., 2003) qui cherche à décrire l’expérience pré-réflexive qui se déroule sous le seuil de la conscience plutôt que d’expliquer et, de ce fait, commence sans hypothèses ou idées préconçues. Ainsi, il n’est pas attendu des sujets qu’ils adoptent des catégories descriptives prédéterminées mais qu’ils développent leurs propres descriptions » (Gallagher & Sørensen, 2006, p. 122).

La méthode d’entretien d’explicitation permet de guider l’individu dans un processus d’« introspection rétrospective » (p. 23) et, ce faisant, vise à permettre à « l’intervieweur de recueillir une description fine d’une expérience passée donnée » (Petitmengin, 2014, p. 196 ). La technique d’entretien est destinée à aider les sujets à quitter leurs anciennes croyances et, à leur tour, leur permettre de devenir plus conscients de la manière dont ils réalisent réellement « un processus cognitif donné, et le décrivent avec précision » ( Petitmengin et al., 2013, p. 655).

4. Résultats

4.1. Première étape : état par défaut du sens des frontières

La pratique méditative à long terme de S rend ce qui a été défini par S comme « un état par défaut » très différent de l’état ordinaire d’individus non pratiquants :

”Je pense qu’après des années de méditation, pour être honnête, ma conscience normale [état par défaut] n’est plus automatique sur les limites…».

  • Le sens du toucher est maintenu, c’est-à-dire que S a l’expérience d’être à la fois sujet (touchant) et objet (touché) à la fois. Cette notion révèle la structure primordiale qui se définit comme toucher-touché (désormais : TTS). Deux formes d’expérience de base peuvent être définies : le corps de l’intérieur et le corps par rapport au monde extérieur.

Je ressens une stimulation sensorielle et il est assez clair que mes mains se touchent ».

  • L’étape par défaut est également caractérisée par un connaissant et quelque chose qui doit/peut être connu. Au cours de cette première étape, le SB de S entre l’interne et l’externe est net :

”il y a une séparation très nette entre à l’intérieur et à l’extérieur“.

  • De plus, S a la capacité de localiser des objets dans son champ sensoriel par rapport à sa propre localisation, par exemple dans le sentiment de voix éloignées par rapport aux voix plus proches :

« Je peux très clairement expérimenter le son au loin ».

  • Cette expérience est accompagnée par le sentiment d’être à l’intérieur du corps :

« Il y a un sentiment général d’être ici dans un genre d’endroit … dans le corps”. Dans l’état par défaut, S a l’impression de « flotter à l’intérieur des limites du corps ».

Ainsi, il est possible de définir l’espace dans lequel S se situe dans un premier temps comme une sorte d’espace corporel et incarné. Phénoménologiquement, à ce stade, S expérimente le SB comme un sens de localisation dans le corps ; un sens minimal de perspective corporelle à la première personne (de l’intérieur) sur le monde qui, selon S, peut être définie comme « la façon dont je regarde le monde“.

Bien que S témoigne qu’il n’a pas une forme de corps très distincte – « Je ne reçois pas une forme exactement claire du corps » – il rapporte pourtant qu’il est situé dans le corps – ou mieux dit, dans UN CORPS. S se sent à l’intérieur du corps-objet et non du corps dit vécu : « c’est être à l’intérieur d’un objet ».

  • Selon S, percevoir le monde de l’intérieur, c’est avoir le sentiment pré-réflexif que c’est MOI qui décide comment agir et c’est MOI qui subit cette expérience :

”la perspective corporelle à la première personne ressemble plus au sentiment que c’est moi qui subit l’expérience, c’est mon corps et mes intentions de faire bouger mon corps … . C’est la façon dont les choses m’arrivent. »

S possède un sens de l’agencement, la capacité de contrôler le corps :

”Je peux théoriquement déplacer mon corps et mes mains si je veux ». S définit ce sens de l’action en termes de potentiel d’action d’agir – le sentiment qu’il a la capacité ou la possibilité théorique de contrôler son propre corps, de bouger ses membres. Essentiellement, S pense que même si « le sens de la propriété n’a pas besoin de décision, c’est comme ça, ça n’a pas besoin d’agencement… La propriété n’a pas besoin d’intention ; c’est un état. Un état continu ».

De plus, S a l’expérience de « savoir que cette jambe est la mienne ; ces sensations, ce sont miennes“. Le sens de la propriété et le sens de l’agencement, semble-t-il selon le témoignage de S, sont fondamentalement différents : alors que le sens de l’agencement peut être ressenti sans mouvements du corps, le sentiment d’appartenance nécessite un mouvement réel : ”Si je bouge mes mains, cela immédiatement confirme mon sentiment d’appartenance ».

  • S conserve un sens de l’emplacement :

« J’ai une idée d’où est ma main … Je peux, plus ou moins, dire où mes bras sont ». Le sens de l’emplacement est, entre autres, notre capacité à localiser d’autres objets dans l’espace par rapport à notre propre position en tant que centre de référence (point zéro). Il dépend du niveau de stimulation sensorielle.

”Si je ferme les yeux alors les choses deviennent un peu plus incertaines ». Par conséquent, nous pouvons suggérer qu’il existe un lien entre la quantité d’information et le sens du lieu : ”Plus j’utilise de sens, plus les limites sont exactes”.

  • Dans cette première étape (par défaut), le sens du temps est également présent (expérimenté). Il semble que pour posséder un comportement normal (habituel) du sens du temps, S doit ouvrir les yeux pour revenir à un état de conscience normal. ”J’aurais besoin d’arrêter de méditer, d’ouvrir totalement les yeux et d’être dans un état tout à fait ordinaire de conscience, alors seulement le sens du temps reviendrait pleinement ».

4.2. Deuxième étape : dissolution du sens des frontières

S décrit l’expérience de la dissolution du SB comme un « sens général d’espace tel que les limites qui sont habituelles ne sont pas du tout claires … ces limites sont diffuses, spacieuses, ouvertes, pas solides ». Ainsi, lorsque S passe de l’état par défaut à l’état de dissolution, son expérience change fondamentalement : « c’est comme si j’étais en quelque sorte fait d’air et que la légèreté s’étendait ».

  • Le sens des objets sensoriels situés à l’extérieur est perdu : « les voix à l’extérieur sont en quelque sorte à l’intérieur, je les inclus dans la bulle … le son est connu, mais je ne peux pas vous dire vraiment ce que c’est, il est inclus dans la bulle immédiate, le son est à l’intérieur quelque part, mais je ne peux pas vous dire exactement ce que c’est ».
  • Le sens de l’interne par rapport à l’externe devient vague et il est ainsi possible de suggérer que à mesure que le SB devient plus flexible, la distinction entre le sens interne et le sens externe devient moins nette et plus diffus. La bulle que décrit S n’est pas rigide et solide mais plutôt souple et aérée. Dans cette situation, les objets sensoriels ne sont plus situés à l’extérieur, d’où la notion même de dehors contre dedans (interne versus externe) devient moins pertinente – à mesure que le SB devient plus flexible, le sens de quelque chose situé à l’extérieur diminue. Par définition, s’il n’y a pas de sens de l’extérieur, le sens de l’intérieur cesse aussi d’être pertinent. Ainsi le niveau de flexibilité (du SB) se traduit par le degré intérieur / extérieur. Essentiellement, S nie la notion même de décrire le SB en termes d’intérieur versus extérieur : ”il n’y a aucun intérêt à donner la priorité à l’expérience intérieure ou extérieure. L’intérieur et l’extérieur, le sentiment principal est prioritaire, je n’y accorde pas plus d’importance… la priorité, l’espace devient la priorité au lieu de la frontière ».
  • Un sens plus faible de la possession.
  • Tout au long de cette deuxième étape de méditation, le sens de l’orientation de S dans l’espace commence à se dissoudre : « si je monte ou descend dans le sol en dessous … J’ai besoin de me souvenir, de faire attention de haut en bas et à l’arrière ». A mesure que le SB s’affaiblit, le sens de l’orientation dans l’espace devient moins clair, c’est-à-dire que le sens de soi par rapport à son environnement est moins corporel/incarné.
  • Le sens du corps lui-même se dissout – « il est très difficile de dire s’il y a un sens du corps, c’est plus en arrière-plan … un sentiment de corps ». S devient, au moins partiellement, détaché de son propre corps, mais les sensations corporelles demeurent néanmoins : « il y a un certain sens du corps ».
  • Le sentiment d’appartenance s’affaiblit considérablement – ​​”le sens de propriété, c’est dilué, c’est ouvert, c’est spacieux … . Ce n’est pas la propriété dans le sens d’un sens fort du mien, beaucoup plus léger qu’avant“.

La diminution du sentiment d’appartenance de S se reflète dans un sentiment d’espace qui est beaucoup moins corporellement – ​​presque une sorte d’espace désincarné.

  • De plus, le sens de l’agencement de S devient également plus faible. La capacité de S à se localiser dans l’espace – en reconnaissant, par exemple, la différence entre la gauche et la droite ou le haut et le bas – nécessite des efforts et une allocation des ressources cognitives.
  • Pour S, le sens de l’action se rapporte à la capacité de maîtriser son corps, que est « la décision et l’intention … l’agencement a tendance à être assez clairement liée à une décision et à une intention et à un besoin ou à un désir ou un intérêt ». S sent que ”le potentiel de bouger vient beaucoup moins d’une décision que je prends” et ainsi il éprouve bien une diminution de son besoin de décider : « le mouvement ou l’agencement devient de plus en plus spontané ». Plus précisément, S a le sentiment que les choses ont tendance à se passer « de plus en plus d’elles-mêmes ». En fait, selon S le mouvement se fait tout seul. Tout mouvement est spontané. Les choses arrivent parce qu’elles arrivent. Elles n’ont plus besoin d’un mandataire. Elles se font toutes seules. Le bon moment arrive et la jambe bouge. C’est beaucoup plus direct, non besoin d’une sorte d’agent au milieu pour déterminer le mouvement ». Par conséquent, à mesure que le SB devient plus flexible, le sentiment de S qu’il est quelque chose qui doit être fait diminue. En conséquence, le sens de l’agencement, qui, de l’avis de S, concerne principalement l’intention, devient moins pertinent : son besoin de contrôle s’affaiblit et un fort sentiment d’agencement est inutile.
  • Le TTS (sens du toucher-touché) devient beaucoup plus faible : « si j’explore le toucher, je viens donner la priorité au centreDonc si je veux vraiment regarder la façon dont les mains se touchent, alors je me retrouve à l’intérieur d’un espace limité ». On peut alors suggérer que le TTS va de pair avec un sens du centre : ”si vous me demandez d’observer ma capacité à toucher ou à être touché, cela demande de l’attention et une fois qu’il y a attention, il y a un sentiment de centre aussi …».
  • « Il y a parfois un centre de lumière, cela dépend de mon attention ». L’intention a besoin d’un être, d’un centre ou d’une personne pour avoir l’intention … Ainsi l’attention ne peut exister sans, un sens minimal de séparation du monde. Le TTS et le sens de centre représentent la structure du savoir. Cette idée est d’une importance critique dans la prochaine étape de la méditation : le SB disparaît.

4.3. Étape 3 : le sens des frontières disparaît

La troisième étape diffère quelque peu des deux étapes précédentes, principalement parce que S a du mal à décrire cette expérience : ”c’est très difficile de parler depuis cet endroit”. Cette limitation doit être gardée à l’esprit tout au long de cette section : selon les mots de S, ”c’est assez difficile à mettre en langage, parce que je ne sais pas si nous avons un langage pour [ça]” (voir Ataria, 2014c ).

S’il n’y a pas de sens des limites, comment pouvons-nous décrire son absence ? Essentiellement, cependant, nous ne prétendons pas qu’une frontière physique n’existe plus, mais nous essayons plutôt de décrire, phenomenologiquement, la nature de l’expérience quand on manque de sens des limites. Alors que sans SB on peut néanmoins éprouver ”quelque chose” et cette section tente de capturer cette expérience unique : ”il y a un sentiment de quelque chose qui se passe, une sensation de corps … Je ne suis pas mort, il y a une sorte de sensation de corps très légère dans cette expérience ». « Je peux avoir le sentiment de disparaître et permettre à la parole de se produire d’elle-même

  • S décrit une expérience de disparition : un ”sens de chute, c’est comme tomber dans le vide danq l’espace … je me dissous dans le monde et où vous avez les limites et le moi comme premier plan et le monde comme arrière-plan ou comme fond, ici il n’y a pas de fond, il n’y a pas d’avant-plan, en quelque sorte l’arrière-plan est tout, même si je ne suis pas identique au monde, je ne suis pas séparé de l’arrière-plan ».
  • S ne contient plus le monde mais est plutôt totalement immergé (ou très proche d’être totalement immergé) à l’intérieur – l’arrière-plan est tout.
  • De plus, S décrit une expérience sans sentiment de centre ni de localisation : ”il n’y a pas de centre … il n’y a vraiment pas d’adresse. Je n’ai aucune idée où je suis dans la troisième étape, tout est en arrière-plan, je ne suis pas là en gros, juste le monde, donc il n’y a pas du tout de lieu réel dans la scène trois … le corps est tellement étalé qu’il est très difficile de savoir où il est et ce que c’est ».
  • Les distinctions disparaissent complètement : « Je m’absorbe dans l’arrière-plan, c’est-à-dire le monde entier sans aucune entité séparée … abandonnant les distinctions, abandonnant l’intérêt pour toutes les frontières ou limites, abandonnant l’habitude et le capteur-réalité automatique ».
  • Cette expérience va de pair avec l’absence d’un point égocentrique corporel à la première personne ”il n’y a pas de point de vue personnel, c’est le point de vue du monde, c’est comme le monde qui regarde, pas MOI qui regarde, le monde regarde“.
  • Le recours aux frontières n’est plus pertinent : « un sentiment de dissolution … et le sentiment est qu’il n’y a pas besoin de frontières d’aucune sorte ». S utilise le mot ”besoin” : ”il n’y a pas de besoin”. En décrivant le sens des frontières en termes de besoin, S offre une vision profonde : en quelque sorte, le SB est un bouclier protecteur. Au fur et à mesure que l’on approfondit le processus de méditation, le sentiment de besoin de protection s’affaiblit jusqu’à ce qu’ «il n’y ait plus besoin de limites ». Ainsi, un manque de SB peut être une indication de sentiment de confort et de sécurité dans le monde, de se sentir chez soi : ”Je fais partie du monde donc il n’y a pas besoin de protection, il n’y a pas besoin de frontières ». De plus, il semble que lorsqu’il n’y a pas besoin de se protéger le sens de la priorité s’affaiblit aussi. En effet, lors de la troisième étape, il n’y a tout simplement « pas de sens de priorité », ce qui va de pair avec « une relaxation”.
  • il n’y ait pas de sens de localisation dans l’espace : « Je ne peux pas vous dire où c’est, je n’ai aucune sorte de sens de l’emplacement ». De même, ”le temps n’est plus pertinent”.
  • Le sentiment d’appartenance diminue également : « le sentiment d’appartenance est là, il n’y en a vraiment pas … c’est un sentiment de dissolution … il n’y a pas de sens pour moi, il n’y a pas de sens pour moi ». Alors que dans la première étape, S décrit un sentiment potentiel de contrôle (sens de l’agencement), dans la troisième et dernière étape, le sens de l’agencement s’estompe complètement : « Il n’y a pas de sens de contrôle ».
  • S décrit l’expérience suivante : « ce témoignage est ce qui reste de moi ». Apparemment, il est possible de suggérer que ce sens du témoignage peut être décrit comme une sorte de sentiment de sujet/objet très mince, mais selon S, ce n’est pas ce qu’il éprouve. Au lieu de cela, il dit ”c’est comme savoir que ça se passe sans objet, ou sans objet spécifique”. Cette expérience ne peut donc pas être décrite en termes de sujet et d’objet.

5. Discussion

5.1. Les niveaux de flexibilité du sens des frontières

En essayant de décrire les différents niveaux de flexibilité du sens des frontières (SB), il devient clair qu’il s’agit d’une expérience dynamique complexe avec plusieurs composantes. Pourtant, il est possible d’identifier un certain nombre de phénomènes qui subissent un

changement au cours des trois différentes étapes produites par S (voir tableau 1). Toute altération de la résistance (moins/plus exible/rigide) du SB se reflète dans les catégories 1 à 9 (dont certaines se chevauchent clairement) :

(1) Interne versus Externe : au fur et à mesure que le SB devient plus flexible, ce qui est « à l’intérieur » et ce qui est « à l’extérieur » est beaucoup moins clair. Il n’y a pas de frontière stricte entre l’intérieur et l’extérieur, au lieu de cela, il y a un continuum : quelque chose de plus important est « plus proche » et à mesure que les choses deviennent moins importantes, elles sont de plus en plus éloignées.

(2) Sens du temps : à mesure que le SB devient plus flexible, le sens du temps s’affaiblit et, dans la troisième étape, finit par disparaître. Il semble que le sens du temps soit une sorte de «reflet miroir » du SB. Ainsi, toute modification du niveau de flexibilité se traduit par un ajustement proportionnel au sens du temps. Dans cet esprit, il est possible de suggérer que l’analyse de notre conscience temporelle intérieure peut révéler des aspects fondamentaux de notre expérience, y compris le SB.

(3) Sens de la localisation : à mesure que le SB devient plus flexible, la capacité à se localiser dans l’espace se détériore. Le sens de la localisation est toujours relatif à autre chose – aux objets dans l’espace. Lorsque le SB devient plus flexible, la structure intentionnelle s’affaiblit et, à son tour, les objets deviennent moins distinguables. La capacité à se situer diminue progressivement : dans un premier temps la capacité à différencier gauche/droite et haut/bas diminue et, par la suite, on perd complètement le sens de l’orientation dans l’espace. Il est possible de décrire ce processus en termes d’espace corporel : à mesure que le SB s’affaiblit, l’espace devient moins corporel.

(4) Sens du Soi : à mesure que le SB devient plus flexible, le sens du Soi se dissout, devenant ainsi plus faible. Ce processus commence en élargissant le sens de soi et, par la suite, à mesure que le SB disparaît, le sens de soi disparaît tout à fait.

(5) Sens de l’agencement (contrôle) : avec une augmentation de la flexibilité du SB, le besoin de contrôle diminue. Alors que dans la deuxième étape (dissolution) le potentiel d’agir existe toujours, donc un certain sens de l’agence demeure, dans la troisième étape il disparaît complètement.

(6) Sentiment de propriété : à mesure que le SB devient de plus en plus flexible, le sentiment de propriété (ma jambe, mes mains,…) s’affaiblit. Dans le second stade, un sentiment de propriété très mince demeure, tandis qu’au troisième stade, le sentiment de propriété disparaît complètement.

(7) Sens du Centre (perspective à la première personne-égocentrique-corporelle) : à mesure que la flexibilité du SB augmente, le sentiment d’être au le centre (avec son corps comme point de référence) s’évanouit jusqu’à ce que finalement, dans la troisième étape, le corps cesse d’agir comme un point de référence par rapport au monde extérieur.

(8) Sentiments corporels : à mesure que le SB devient de plus en plus flexible, les sentiments corporels, y compris la proprioception et la kinesthésie, deviennent plus faibles. Pourtant, même lorsque le SB disparaît, un niveau minimal de proprioception dynamique continue d’exister : il reste le sentiment qu’il y a un corps sans aucune expérience d’un SB.

(9) La structure toucher/être touché : en touchant un objet, la frontière entre le sujet et l’objet est à son paroxysme le plus clair. Essentiellement, le toucher-touché (TTS) est au cœur de la structure intentionnelle. Alors que le SB devient de plus en plus flexible, la structure touchant-touchée s’affaiblit, mais elle ne disparaît pas complètement. Ainsi, même en l’absence d’un SB, la structure touchée reste et on peut vivre une expérience de toucher/être touché très fluide sans générer un SB.

5.2. Cadre théorique

L’expérience primaire de l’être-au-monde sans SB est liée à notre existence en tant que sujet et objet à la fois : je peux toucher ma main droite avec ma main gauche et, ce faisant, je peux sentir une main toucher ou, alternativement, l’autre la main étant touchée. La main qui touche est le sujet, tandis que celle qui est touchée est l’objet (Husserl, 1989 ; Merleau-Ponty, 2002 ). Pourtant, les deux mains font partie d’un tout qui est capable de se toucher et ainsi de fonctionner comme sujet et objecter à la fois (Merleau-Ponty, 1968 ). Cet exemple clarifie le mécanisme qui permet de traiter l’individu comme à la fois sujet et objet.

Il semble que l’approche de Merleau-Ponty puisse éclairer l’expérience de S en l’absence d’un SB. Dans cette situation, le sujet et le monde revient à exister au même niveau – ils sont tous deux constitués par la même chair. Ainsi, cette notion peut expliquer pourquoi S souligne qu’au cours de la troisième étape, il se sent chez lui. Il semble que ce genre d’expérience initiale d’être presque indiscernable mais quelque peu distinguable du monde est à la base du manque de SB de S. De cette façon, Merleau-Ponty nous aide à replacer l’expérience de S dans un cadre théorique plus large.

6. Conclusions

Sur la base de l’analyse des données présentées ici, nous pouvons conclure que :

1. Le sens des limites est flexible et existe sur un continuum allant d’un BS « normal » à un manque de BS.

2. Plusieurs catégories (phénomènes) peuvent être identifiées comme rattachées au SB : celles-ci évoluent en fonction de leur position sur le SB.

3. Phénoménologiquement, lorsque le SB disparaît, les sensations corporelles initiales demeurent néanmoins. De plus, une faible structure touchant/touché existe.

Les enregistrements MEG ont été effectués avec une tête entière, 248 canaux réseau de magnétomètres (neuroimagerie 4D, Magnes 3600WH) numériseur Pollhemus FASTTRAK. Les signaux cérébraux ont été enregistrés avec une fréquence d’échantillonnage de 1017,25 Hzet un filtre passe-bande analogique en ligne de 0,1 à 400 Hz.

Références

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Article intégralement traduit par Sabine Rabourdin sur son site

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